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Au delà du diplôme, la leçon de vie de ma formation au CAFAT


J’ai déjà eu construit plusieurs entreprises. J’ai déjà essuyé plusieurs échecs. J’ai été parfois été bousculé par la vie, parfois aidé par le destin. Dans certains virages sinueux, j’ai manqué de chance, et je suis sorti miraculé d’autres. Pour être franc, j’ai pas toujours compris à ce qui m’arrivait dans la vie. Aujourd’hui je co-dirige un cabinet de conseil à taille humaine, avec mon associé. Nous avons construit tous les deux une entreprise qui nous ressemble, et qui nous permet d’exercer un métier qui nous correspond. Non, je vous rassure, tout n’est pas rose, nous traversons des tempêtes et devons souvent relever des défis compliqués. Mais nous sommes sereins, et heureux de vivre cette aventure ensemble. Alors que dans mes précédentes entreprise, mon seul vœux était que ce cauchemar s’arrête avec le moins de dommages possibles...

Qu’est-ce qui m’a permis de transformer mes échecs en succès ? L’expérience ? La chance ? Le travail acharné ? Oui, sûrement en partie... Mais surtout, un paramètre essentiel a vraiment changé dans cette délicate équation de la réussite : une meilleure compréhension de qui je suis, comment je fonctionne, et comment, inconsciemment, j’active parfois sans le savoir, insidieusement, les mécanismes de mes échecs.

J’ai éprouvé, durant cette formation, cette réalité : comprendre, c’est déjà changer. Les connaissances acquises au CAFAT m’ont permis de mettre des mots, m’ont apporté un éclairage extraordinaire, pointue et pertinent sur moi, mon rapport à mon environnement, et mes façon de fonctionner.

Les États du Moi, les Transactions, la Structuration du temps, le Scénario, les Sentiments, les Jeux... Tous ces concepts d’Analyse Transactionnelle sont devenus ma « boîte à outils », structurée et logique, que je peux utiliser tour à tour pour prendre du recul sur une situation, la comprendre, et agir positivement en conscience pour en sortir par le haut.

Aujourd’hui, quand je me sens triste, confronté, perdu ou dans un état de stress, déçu d’une réaction, je peux me dire « Stop », prendre quelques minutes pour réfléchir à ce qui est en train de se jouer, ce que cette situation provoque en moi, et adopter une meilleure stratégie pour aller de l’avant.

Hier par exemple, j’avais préparé longuement un entretien avec un futur client. Il a un projet passionnant, beaucoup d’expérience, un certain âge et une posture assez impressionnante. Nous avons convenu de nous appeler en Visio-conférence. J’avais prévu d’approfondir avec lui plusieurs points précis et fondamentaux pour que je puisse l’aider à financer son projet et son entreprise. Dès la première minute, j’ai été submergé par une personne très sûr d’elle, qui ne répondait au aucune de mes questions, qui m’était hautaine et même désagréable. Aucune chance dans ces conditions de respecter le déroulé que j’avais prévu... j’étais foutu. Face à ce mur, il y a encore quelques années, j’aurais mis un terme le plus rapidement possible à l’entretien, en ayant la conviction qu’il me ferait que perdre mon temps et en ayant une animosité forte à son égard. Hier portant, j’ai pris quelques secondes de recul, et j’ai compris assez vite qu’en fait, tout impressionnant qu’il était, il avait peur. Son fils de 25 ans était à côté de lui, et il avait un rôle important à tenir, alors qu’il ne savait pas vraiment ou il allait. J’ai compris aussi qu’en m’envoyant sa peur dans la figure, il me renvoyait à ma peur à moi qui est de ne pas réussir à avoir des nouveaux clients. J’ai alors immédiatement quitté mon cahier des charges de réunion pour instinctivement adopter une stratégie simple : le rassurer. Nous avons parlé de lui, de sa brillante carrière, de son projet, et j’ai complimenté son fils qui est, de toute évidence, un brillant chercheur. Je lui ai aussi parlé avec sincérité de mes peurs dans cette période difficile de pandémie... Petit à petit, la discussion a pris une tournure bien plus ouverte et détendue. Et j’ai choisi d’arrêter là l’entretien pour laisser les choses mûrir, et de prendre rendez-vous avec lui dans 10 jours pour avancer plus concrètement sur le financement de son projet. Je ne sais pas si cet homme deviendra notre client, mais ce que je sais, c’est que nous avons eu un échange agréable, positif, et que cette ouverture mutuelle va nous permettre d’avancer ensemble dans les semaines à venir en confiance.

Cette compétence, au delà des débouchés purement professionnels qu’elle ouvre, m’est devenue essentielle dans ma vie de tous les jours. Elle m’est encore plus essentielle que j’exerce un métier confrontant : entreprendre c’est avant tout savoir gérer se relations avec son environnement. Et l’environnement n’est pas toujours tendre. Que ce soit mon associé, mes employés, mes clients, mes partenaires... Chaque interaction peut devenir soudain aussi importante que complexe, et peut avoir des répercussions en chaîne à une vitesse déroutante sur le bon fonctionnement de l’entreprise. Imaginez que vous ne compreniez rien de ce qui se joue ? Vous hypothéquez forcément vos chances de succès. Et c’est le cas de nombreux professionnels, qui, confrontés à un environnement qu’ils ne comprennent pas, échouent là ou ils auraient pu être brillants.

Ma formation au CAFAT a été longue et contraignante. C’est vrai. Elle a nécessité un investissement personnel significatif, c’est une évidence. Mais comment pourrait-on croire, hypnotisés par l’obsession du « tout, tout de suite et sans effort » véhiculée par nos envies et contraintes modernes, qu’une compétence aussi complexe puisse être acquise en quelques jours ?

Le danger, de mon point de vue, est de « survoler » les choses. Essayer de réaliser à tout prix rapidement quelque chose qui prend du temps est inutile. A la sortie, le risque est de capitaliser une connaissance dont on ne sait que faire, car on ne sait pas comment la mettre en mouvement. Au delà du diplôme, il y a la compétence. Et sans elle le diplôme n’est qu’un morceau de papier.

Imaginez un chirurgien qui a pour tout baggage 3 semaines de formation accélérée... Vous mettriez votre vie entre ses mains ? Encore plus après ces 3 années de formation, je suis convaincu que la compréhension de nos sentiments, émotions et interactions sociales, est aussi compliquée qu’une chirurgie cardiaque.


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