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Enfants du COVID

Le monde des enfants et des élèves a changé rapidement depuis mars 2020. L’effet de la situation liée au covid se fait sentir dans les classes. Recrudescence de petites violences et méchancetés. Réactions rapides et démesurées à la moindre contrariété, péjoration de l’ambiance dans les classes.

Le bien vivre ensemble cher à nos écoles reculent à grand pas : résultats des élèves et des enseignants en souffrance.

Je vous partage quelques réflexions issues de mes observations de médiatrices.


1. L’influence des mots : gestes barrières, se laver souvent pour se « purifier » de ce que l’on a touché ou des contacts que l’on a eu, se protéger, garder la distance, désinfecter les maisn, les poignées, les boutons de la lumière … présence nouvelles des équipes de nettoyages tout au long de la journée.


2. Attention danger : partager les goûters, chanter ensemble, s’échanger des crayons, des affaires, voir le nez ou la bouche du maître ou de la maîtresse, se déplacer ensemble (dans le bus par ex.), se réunir en famille, entre amis…


3. Mise en danger des autres : je représente un grand danger pour mes grands-parents (et les autres). Quelle responsabilité, quel souci !

L’autre est devenu un danger, une menace.


4. L’augmentation de la frustration pour les enfants et les adultes : dans une société axée sur les loisirs : plus de cinéma, plus de concerts, plus de piscines, plus de restos, plus d’apéros, plus de sports (ou certains sports pour les jeunes.), plus de rassemblements à l’extérieur.


5. Peurs : peur que mes parents, grands-parents soient malade ou meurent, peur que mes parents n’aient plus d’argent car moins ou plus de travail, peur de ce qui va encore arriver, peur de l’avenir…. Manque d’espérance : est-ce que cela va aller mieux ? = sentiment d’anxiété grandissant.


6. Les adultes et les enfants : l’enfant attend des adultes

a. Protection : impossible à garantir avec le virus,

b. Sentiment de sécurité soit dans la famille, soit à l’école : impossible de promettre que le virus ne touchera pas une fois un membre de la famille, un prof, un élève.

c. Explications et connaissance (l’adulte est celui qui sait) : la complexité du virus, de sa propagation, des vaccins fait que la plupart des adultes n’ont pas les connaissances pour expliquer et que celles-ci étant complexes il leur est difficile de les acquérir.

d. Normes, un cadre sécurisant : les normes deviennent tellement nombreuses et parfois difficiles à en comprendre le sens qu’on risque de perdre de vue l’aspect sécurisant pour ne retenir que l’aspect contraignant et frustrant. Et la frustration soit chez les adultes, soit chez les enfants a atteint un niveau élevé jamais vécu pour ces générations. Cela implique un mouvement (un besoin ?) de rébellion contre ceux qui imposent ces mesures restrictives : le monde politique, les patrons, les enseignants…

Pour l’enfant = changement de regard sur l’adulte qui ne sait plus tout à ses yeux, n’est plus rassurant, ni consolant, ni réconfortant.


7. Etat des lieux des émotions aujourd’hui :

a. L’anxiété, la peur : des dangers du virus, de l’avenir = besoin de trouver protection et sécurité = difficile actuellement = l’adulte doit imaginer comment aider les enfants à se sentir en sécurité et protéger d’une manière qui ne renforce pas la peur alors qu’il est lui-même envahit par ces émotions.

b. La tristesse : due à la perte du confort et des avantages de la situation d’avant. = besoin de réconfort et de présence = l’adulte doit aider les enfants à accepter la perte comme un élément de la vie et l’aider à découvrir et accepter les limites de la condition humaine. Mais l’adulte est lui-même profondément touché par ces pertes.

c. La colère : due à la frustration, aux obstacles posés à la liberté = réaction d’agressivité en augmentation = besoin d’exprimer cette violence sans passage à l’acte = l’adulte peut aider l’enfant en lui proposant des exutoires à cette colère, des moyens de la déposer. A nouveau la situation est complexe car l’adulte est souvent lui aussi dans la colère.

d. La joie : le parent pauvre de cette période. Peu de joie pour tous actuellement = manque des hormones de la joie et du plaisir : la dopamine les endorphines l’ocytocine, la sérotonine. = Besoin : renouer avec des moments de joie, les inscrire dans la mémoire,


Que faire pour activer les circuits de ces hormones chez les enfants :


1. Réussir : Se dire aussi souvent que possible “j’ai réussi” : trouver chaque jour une réussite, même une petite réussite et célébrer par des félicitations, les élèves inventent une danse de la réussite, un hakka…


2. Rire : trouver chaque jour quelque chose qui fasse rire, au besoin au début se forcer à rire.


3. Etirements : faire une pause et faire des étirements légers


4. Auto-massage : faire une pause et faire des auto-massages. Par ex. la tête, les épaules


5. Fierté : développer le sentiment de fierté en se rappelant à la fin de la journée quelque chose que j’ai bien fait, que j’ai fini.

Extraits de : https://apprendreaeduquer.fr/les-4-hormones-du-bonheur-leurs-effets-et-des-actions-pour-les-declencher/


6. Méditation, visualisation, yoga, musique…

En conclusion enfants, élèves, adultes tous nous avons un grand besoin de

mettre de la joie dans nos vies,

mémoriser les joies, réactiver les sensations de joie en puisant dans nos souvenirs.



LAETITIA WILLOMMET

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